Depuis plusieurs années, l’ITMI travaille en collaboration avec KATAK et différents partenaires industriels au développement d’un système d’inspection automatisée pour les convoyeurs industriels. Le projet, qui combine notamment robotique, capteurs et analyse de données, vise à rendre la surveillance des équipements critiques plus efficace et plus précise.
Une nouvelle étape vient maintenant d’être franchie : le système quitte progressivement le stade de développement pour se rapprocher d’un véritable service d’inspection destiné aux entreprises.
De l’acquisition de données au service d’inspection
Depuis les premiers prototypes, la boîte d’acquisition de données développée par l’ITMI a considérablement évolué. Le projet en est maintenant à la version 3.0, avec une évolution à la fois de l’électronique et des capteurs.
Parmi les technologies choisies, un capteur permet notamment de réaliser des scans de courroies à câbles d’acier. Des essais ont déjà été réalisés dans une industrie locale et d’autres inspections sont prévues auprès d’autres partenaires industriels.

Carte mère du data logger conçue par Ear-Solyvan Kong

Capteur de détection des anomalies des câbles d’acier et des joints de convoies
L’objectif est de pouvoir offrir différents modes d’utilisation : une entreprise peut faire réaliser une inspection ponctuelle de sa courroie, par exemple sur une base mensuelle ou annuelle, ou installer le système de façon permanente afin d’assurer une surveillance continue.
Voir ce que l’œil ne peut pas voir
Les courroies à câbles d’acier peuvent atteindre plus d’un kilomètre de longueur. Une inspection visuelle permet d’observer l’état apparent du caoutchouc, mais certains problèmes peuvent se trouver à l’intérieur de la courroie.
Une petite perforation peut, par exemple, permettre à l’humidité de pénétrer et entraîner la corrosion ou la rupture des câbles d’acier sans que le problème soit visible de l’extérieur.
Le système développé permet de détecter ces anomalies en analysant la signature magnétique des câbles.
Lors d’un scan, la courroie est magnétisée et le capteur mesure le champ magnétique à très haute fréquence. Les données obtenues permettent ensuite de visualiser la courroie dans son ensemble et d’examiner les zones présentant des anomalies.
Un exemple concret
Lors d’un scan réalisé sur une courroie d’environ 1,4 km, le système a permis de visualiser l’ensemble de la courroie et de repérer ses différents joints.
L’analyse détaillée a notamment permis d’identifier une anomalie importante au niveau d’un joint. Le défaut n’était pas nécessairement détectable à l’œil nu, mais apparaissait clairement dans les données recueillies par le système.
L’inspection permet également de localiser les défauts et d’obtenir des informations sur leur dimension et leur position sur la courroie.


C’est là que la technologie prend tout son sens : plutôt que de simplement savoir qu’une courroie présente un problème, l’entreprise peut savoir où il se trouve et mieux évaluer son importance.
Vers une surveillance plus proactive
L’intérêt de ce type d’inspection est particulièrement important pour les convoyeurs industriels, où une défaillance peut entraîner des arrêts de production et des interventions coûteuses.
Un défaut qui est détecté suffisamment tôt peut être réparé avant de s’aggraver. L’objectif n’est donc pas seulement de trouver les bris, mais de donner aux équipes de maintenance une meilleure information pour intervenir au bon moment.
Le projet explore également d’autres technologies pour compléter la surveillance des convoyeurs.
Une prochaine phase prévoit notamment l’installation de fibre optique sur un convoyeur de grande longueur afin de surveiller certains paramètres des rouleaux, comme la température et les vibrations. Cette approche pourrait permettre de couvrir de grandes distances avec un nombre limité de composants de mesure.
Du projet de recherche à l’offre de service
La prochaine étape du projet consiste à structurer sa commercialisation.
L’ITMI travaille actuellement à amener la technologie à maturation. La boîte d’acquisition de données et les services d’inspection pourront ainsi être proposés selon les besoins des entreprises : inspection ponctuelle ou surveillance permanente.
Le projet évolue donc d’une démarche de développement technologique vers une solution pouvant être utilisée directement par les équipes de maintenance industrielles.
Conclusion
Ce projet illustre l’évolution d’une idée de recherche vers une application concrète sur le terrain.
Après le développement de la boîte d’acquisition de données et les premiers essais d’inspection, l’ITMI dispose maintenant d’une technologie capable de recueillir des informations difficiles, voire impossibles, à obtenir par une simple inspection visuelle.
Pour les entreprises qui exploitent de longs convoyeurs, l’enjeu est concret : détecter un problème avant qu’il ne devienne un arrêt de production.
L’ITMI poursuit donc le développement de ses solutions d’inspection afin d’offrir aux industries des outils permettant de mieux connaître l’état de leurs équipements et de prendre des décisions de maintenance à partir de données concrètes.




